Des meubles à tiroirs en-veux-tu-en-voilà!
Lorsque j'étais à Berlin, une jeune demoiselle, installée à Kreuzberg, commençait tout juste à créer des meubles à partir de vieux tiroirs récoltés dans les rues de la capitale, à la fin des marchés aux puces, dans les décharges ou tout simplement sur de vieux meubles dont plus personne ne voulait. Après les avoir amoncelés dans son atelier, Franziska Wodicka s'est mise à leur redonner vie en leur créant autour de quoi glisser, s'ouvrir, se fermer, enfermer quelque chose, ranger, ordonner. Un nouveau concept de meubles était né et a fait depuis beaucoup de petits, à moins que ce ne soit l'inverse. De l'oeuf ou de la poule, on ne sait jamais qui a commencé. Bref, dans sa boutique de Kreuzberg SchubLaden - jeu de mot réunissant "tiroir" (Schubladen) et "magasin" (Laden) -, Franziska continue à vendre ses objets insolites et réalise des commandes pour particuliers ou professionnels ayant le goût des choses uniques. L'année dernière, le site de décoration Design Sponge (http://www.designspongeonline.com/2009/08/copenhagen-chronicles-schubladen.html) lui a consacré un article fourni en images. Un coup de pub bien sympathique pour une créatrice qui ne se prend pas au sérieux mais crée des meubles à la finition impeccable et pour tous les intérieurs.
Dans un style plus hybride, un autre allemand installé à Maastricht, réalise des meubles aux allures anthropomorphiques, à partir d'éléments en bois massif recouverts d'une peau en résine qui s'épanche tout en rondeur. Pas de coins chez Valentino Löllmann, juste l'épure du mélange entre le bois naturel et la blancheur mat et lisse du matériaux synthétique. Ici aussi, chaque pièce et unique, répond à une commande ou fait l'objet d'une série que l'on peut marier ensemble ou plus volontiers séparer pour en renforcer l'effet. J'adore personnellement ce meuble à tiroirs en une pyramide croissante et décroissante perchée sur des échasses toutes fines en bois tourné. Le principe de récupération est le même que chez Franziska Wodicka. Le départ est donné par des morceaux trouvés, récoltés, collectés; la suite prend forme comme un modelage autour de ces reliques du passé dont la beauté fanée reprend ainsi vie.
M & Mme Valentin
Et pour finir sur l'hybride, voici le plus déjanté des trois créateurs Thomas Wood, qui lui habite en Californie. Chez lui, la récupération est poussée à l'extrême et l'amoncellement frôle le trop-plein... Il ne s'agit plus simplement de meubles mais d'installations, qui prennent la plus part du temps tout un pan de mur et sont "inspirés" par une pleine benne à ordures (pour ainsi dire!) Avec l'oeil de l'architecte d'intérieur habitué à réaliser des meubles fonctionnels et très carrés (voir son site), il s'est lui aussi pris au jeu du château de carte, mais cette fois-ci du sol au plafond. Attention la chute!
Tant qu'il y aura des meubles...
Tant qu'il y aura des meubles...















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